La Commission Européenne accusée de surestimer le coût des renouvelables

mercredi 24 juillet 2013 Écrit par  Craig Morris

Le DIW, le premier institut de recherche économique d'Allemagne critique la position de la Commission Européenne au regard des coûts du nucléaire, de la capture et du stockage du CO2, et du photovoltaïque.

L'étude du Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung (DIW), l'Institut de recherche économique de Berlin, ne tourne pas autour du pot : "Dans aucun pays du monde, aucune centrale nucléaire n'a jamais été construite selon les règles équitables de la concurrence, mais en profitant d'aides publiques diverses" explique Christian von Hirschhausen directeur de recherche au DIW. Le document  qu'il publie (pdf en allemand ) n'est pas à proprement parlé une étude, mais une critique du Cadre pour les politiques en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030 publié par la Commission Européenne en mars dernier, et de la Feuille de route pour l'énergie à l'horizon 2050 publiée en décembre 2011.

Une courbe d'apprentissage négative

Graphique du coût de la construction de nouvelles centrales nucléairesL'économiste allemand précise que la Commission Européenne prévoit une augmentation de la capacité nucléaire de 120 à 140 GW alors que d'ici 2040, il n'y aura pratiquement plus de nucléaire du fait de la mise à la retraite de la plupart des installations existantes. Sauf à construire massivement de nouveaux réacteurs. Aujourd'hui deux réacteurs sont en construction, un en Finlande, un autre en France. Mais comme le DIW le fait remarquer, le coût du nucléaire a une courbe d'apprentissage inversée : plus on avance plus c'est cher. En France concernant Flamanville, le kilowatt de puissance installée est passé de 1000 euros en 1980 à 5100 euros selon les chiffres de fin 2012.

Le vrai coût du nucléaire

Coût du soalaire photvoltaïqueLes projets britanniques de construire 3 EPR sont révélateurs du vrai prix du nucléaire ; EDF exige une garantie du prix de vente de l'électricité produite, pendant 40 ans, à un niveau supérieur (0,125 euros) au coût de production du kilowattheure photovoltaïque en Allemagne ! Et tenez vous bien, alors que le prix du kilowattheure photovoltaïque ne cesse de décroître, le prix demandé par EDF pour le nouveau nucléaire sera indexé sur l'inflation... Et même avec ça, les investisseurs ne se bousculent pas le gouvernement anglais étant obligé de fournir une garantie financière, preuve que les banques sont d'accord avec les analyses du DIW.

Le DIW critique aussi les prévisions de la Commission Européenne concernant la technologie de capture et de stockage du carbone (CSC). D'ici 2020 elle prévoit 5 gigawatts de CSC, "l'équivalent de 10 installations moyennes, alors qu'en réalité la technologie n'a pas encore été utilisée en Europe".  

Craig Morris est un journaliste américain spécialisé dans les énergies renouvelables qui vit en Allemagne. Il est aussi écrivain et fondateur de l'agence de traduction PetitePlanète. Cet article a été publié en langue anglaise dans le magazine Renewables International.

Photo d'ouverture : entrée du DIW à Berlin  

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