Une ballade à Fukushima, ça vous tente ?

mercredi 11 septembre 2013 Écrit par  Yves Heuillard

Explorez les abords de la centrale de Fukushima Daiichi et les villes abandonnées alentour grâce aux nouvelles images captées par Google pour Street View. C'est beau. C'était beau.

Depuis le mois d'avril 2013, avec l'aide des municipalités japonaises concernées, les voitures photo-panoramiques de Google photographient les rues des villes abandonnées de la zone d'exclusion autour de la centrale nucléaire ruinée de Fukushima Daichi. Ci-dessous la ville de Namie.

Photo Street View dans la ville de Namie au Japon

Début septembre, Google Japon a mis en ligne les photos des zones les plus proches de la centrale, dans le district de Hamadori. Les résidents japonais, forcés d'abandonner maisons, voitures, objets personnels, animaux domestiques, à défaut de pouvoir retourner un jour chez eux, peuvent désormais revoir virtuellement l'état de leur paradis d'antan (mode d'emploi ci-après).

Paradis ? Oui, c'est ce que nous révèle Street View. La campagne, les routes côtières, le littoral, n'ont rien a envier aux plus belles côtes du Sud-Ouest de l'Europe, une sorte de Côte d'Argent à la japonaise, mais plus escarpée, avec une belle lumière, des embruns, des vagues puissantes, des pins maritimes. Tenez justement, la végétation, elle nous invite à réviser nos idées sur la latitude du Nord du Japon. Fukushima se situe à 37°25' de latitude nord, la latitude de Séville, mais avec des saisons plus marquées, des températures moindres (env 9°C de moins ), des pluies fréquentes en été.

Photo Streetview à proxilité de la centrale de FukushimaVous pouvez donc, grâce à la fonction Street View de Google Maps, parcourir une grande partie des routes qui mènent à centrale ruinée, ainsi que les rues des villes alentour. Les équipes de Google Japon ont voulu s'approcher au plus près de la centrale, quitte à s'enfoncer dans des chemins forestiers, à ouvrir les barrières qui interdisent le passage. On réalise alors que le plus grand danger n'est pas la pollution radioactive ; le plus grand danger est qu'il nous est absolument impossible de sentir, d'appréhender, d'imaginer un danger quelconque. Aucun de nos outils physiologiques et mentaux ne nous y prépare. Allez-y et regardez comme la campagne est belle, comme il devait faire bon vivre dans ces petites villes coquettes, au bord des eaux les plus poissonneuses du monde.

Comment visiter Fukushima avec Street View

Voici une liste de liens pour vous rendre directement dans quelques lieux remarquables (faites-nous part de vos découvertes, avec les url abrégées, dans les commentaires) :
L'entrée de la centrale de Fukushima Daiichi. Vous devez faire demi-tour.
Dans le centre de la ville de Namie (au hasard).
Rizières et fermes abandonnées dans la région de Futaba.
La nature reprend ses droits sur le goudron.
Une route cotière au nord de la centrale.
15 km au sud de Fukushima Daichi, abords de la centrale de Fukushima Daini.

Pour explorer vous pouvez aussi vous rendre dans Google Maps et faire une recherche avec les mots "Fukushima Daiichi". Google Maps propose une réponse appelée "Chronologie de l'accident nucléaire... " et peut être une autre appelée "Centrale nucléaire de Fukushima Daini". La première réponse est la bonne ; la centrale de Fukushima Daini, située 12 km au sud de la centrale de Fukushima Daiichi, n'est pas la centrale accidentée. Cliquez sur "Chronologie de l'accident nucléaire...". Vous-y-êtes. Déplacez le petit bonhomme Street View sur le plan. S'affichent en bleu les chemins parcourus. Posez le bonhomme sur un des chemins. Plutôt que le plan, affichez la vue satellite qui permet de mieux repérer la densité des constructions.

Une recherche avec "Fukushima" vous emmènerait dans la capitale de la province à 60 km au nord-est. Visitez aussi la ville de Namie, Pompéi des temps modernes. La recherche avec Namie dans Google Maps fonctionne bien.