L'électricité éolienne à moins de 0,04 euro le kWh

vendredi 25 octobre 2013 Écrit par  Yves Heuillard

Pour l'Agence Internationale de l'énergie, l'électricité éolienne, dans certaines régions du monde, est déjà compétitive avec toutes les autres sources de production électrique.

Un nouveau rapport de l'Agence internationale de l'énergie sur le développement de l'énergie éolienne indique que d'ici 2050, 18% de la production mondiale d'électricité pourraient venir de la force des vents. Le rapport, titré "Technology Roadmap: Wind Energy - 2013 Edition" prévoit que de 300 GW (gigawatt ) aujourd'hui, la puissance éolienne pourrait atteindre 2400 à 3000 GW en 2050. Les investissements dans l'éolien, de 78 milliards de dollars en 2012, pourraient atteindre 159 milliards par an.

Couverture du rapport 2013 de l'Agence internationale de l'énergie sur l'éolien Mais l'élément le plus intéressant, car décisif, concerne le coût de l'électricité éolienne. Les progrès technologiques permettent de produire plus d'électricité avec des vitesses de vent réduites - et ainsi d'améliorer le facteur de charge des turbines -, de diminuer les coûts de maintenance, d'améliorer le contrôle des machines. Les coûts de maintenance par exemple, qui représentent de 15 à 25 % du coût de production de l'électricité, ont baissé de 44% entre 2009 et 2013 !

Une électricité toujours moins chère 

Résultat : l'éolien terrestre est désormais proche de la compétitivité avec toutes les autres sources de production d'électricité dans de nombreux pays. C'est déjà le cas dans certains pays comme le Brésil où des contrats éoliens terrestres ont été signés à 42 dollars le MWh (3 cts d'euros le kWh), et l' Australie, le Chili, le Mexique, la Nouvelle Zélande, la Turquie, et l'Afrique du Sud sont proches d'atteindre ces niveaux. Aux états-unis, des contrats sont signés à moins de 50 dollars le MWh (3,6 cts d'euro le kWh).  

L'investissement nécessaire pour un projet éolien est maintenant compris, selon les pays, entre 1,1 et 2,6 $ par watt, incluant les fondations, les éoliennes, l'infrastructure et la connexion au réseau - une baisse de 33% depuis 2008.

L'éolien en mer, qui ne fait que démarrer, n'est pas encore compétitif, de 13,6 à 21,9 cts de dollar le kWh. Mais les rapporteurs de l'Agence internationale de l'énergie prévoient une baisse de 40% du coût de l'énergie éolienne en mer d'ici 2030. Les contraintes de l'éolien en mer étant très différentes, de nouveaux types de machines, où la technique pure l'emporterait sur l'esthétique, pourraient voir le jour.

En Europe, les éoliennes fournissent déjà une partie non négligeable de l'électricité dans nombre de pays : 29,9% au Danemark, 20% au Portugal, 17,8% en Espagne, 14,5% en Irlande. La croissance de l'électricité éolienne est phénoménale, avec une production qui a plus que doublé entre la fin de 2008 et la fin de 2012, pour atteindre 527 milliards de kilowattheures.  

Des bâtons dans les pales

Parmi les freins au développement de l'éolien, l'Agence internationale de l'énergie cite en premier lieu les difficultés administratives pour obtenir les autorisations de constructions (en France il faut 8 ans pour installer un parc éolien, la construction proprement dite ne demandant que quelques mois, ndlr).

L'instabilité de la réglementation et du soutien de la puissance publique, avec parfois des changements rétroactifs, font également partie des freins.

En revanche, l'accès du public au financement (comme c'est déjà le cas en Allemagnes, ndlr), et dans un autre registre, une taxation sérieuse du carbone, seraient des éléments favorables.

Enfin, en ce qui concerne le néodyme, un métal rare nécessaire à la fabrication des aimants, le rapport fait état de réserves suffisantes pour 1000 ans au rythme de la consommation actuelle. Le prix du néodyme a baissé de 195 $ par kilo à 80 $ par kilo au cours de l'année 2012.

Photo d'ouverture : Maintenance sur le parc éolien en mer de Horns Rev 1 au Danemak. Photo CC de la Danish Wind Power Association.