Vélib : "le pionnier se laisse aller"

mercredi 06 novembre 2013 Écrit par  Yves Heuillard

Juliellen Sarver, habite Richmond aux Etats-Unis. Son job : conseiller les municipalités en matière de transport public. Cet été elle a essayé Vélib : déçue.

Consultante pour Simple Solutions Planning & Design, Juliellen Sarver conseille les municipalités en matière de transport public. Dans sa ville elle se déplace le plus souvent en vélo. Quand elle voyage, et quand c'est possible, elle utilise les systèmes de vélos partagés. Au retour de son dernier voyage en Europe, dans le courant de l'été 2013, elle publie un article sur le site de Mobility Lab pour raconter son expérience de Vélib, à vrai dire pas très bonne. Nous l'avons contactée via Skype.

bacn d'essai de vélib par une américaine à Paris« Nous avons passé deux semaines à Paris cet été, bien assez de temps pour tester Vélib. Nous habitions Montmartre, et le premier jour nous n'avons pas pu trouver de vélo. Il a fallu prendre le métro pour en trouver un. Nous avions localisé une station avec deux bicyclettes mais en arrivant nous nous sommes aperçus que l'un des deux avait un pneu crevé. Nous avons marché jusqu'à la station suivante, puis la suivante, et encore celle d'après qui semblait disposer de 5 vélos. Mais pour l'ordinateur de la borne, il n'y avait aucun vélo disponible et donc nous avons encore marché jusqu'à la station suivante. Après deux heures de marche nous avons finalement trouvé notre bonheur".

Juliellen Sarver décroche son vélibLe deuxième jour nous avons été un peu plus intelligents et suivant les indications de l'application AllBikesNow sur mon smartphone, je prends le métro jusqu'à la Madeleine où la station Vélib est pleine de vélos. Je décroche un vélo, libérant une attache qui est reprise immédiatement par l'un des autres utilisateurs qui attendaient. Je découvre rapidement que mon vélo, n'est pas en état de fonctionner. Normalement dans ce cas on devrait pouvoir effectuer un simple échange, mais non, je me retrouve à pousser un vélo cassé, pour retrouver une borne d'attache quelque part. Finalement je prends un deuxième ticket pour la journée et je fais l'échange.

Juliellen Sarver raconte son éxperience de Vélib, le système de vélo partagé parisienLe troisième jour nous avons finalement trouvé le moyen de nous synchroniser avec Vélib. La station proche de notre appartement étant réapprovisionnée le matin de bonne heure, nous nous levons tôt, allons chercher deux vélos en état de marche et les gardons avec nous jusqu'après le petit déjeuner. Ce n'est bien évidemment pas dans l'esprit du vélo partagé, mais quand nous sommes partis il n'y avait plus de vélo disponible. »

Juliellen raconte ensuite comment la journée s'est bien passée, trouvant des accroches libres et des vélos en état, aux moments et aux endroits opportuns, mais que souvent elle opte pour garder son vélo dès qu'elle en trouve un, une solution très onéreuse, jusqu'à 50 € pour une seule journée, "mais je savais ce que je faisais, je regrette simplement de ne pas avoir acheté un Brompton (un vélo pliable, ndlr)".

Une remise à niveau nécessaire

Le témoignage d'une utilisatrice américaine, qui plus est experte du secteur avec l'expérience de nombreux systèmes de vélos partagés dans le monde est appréciable. Elle nous rappelle d'ailleurs que c'est La Rochelle qui a été pionnière en ce domaine (au début des années 90), et si les systèmes de Dijon et Lyon ne lui ont posé aucun problème, son préféré c'est celui de Stockholm par l'extrême simplicité de son utilisation.

Et si Juliellen a failli abandonner l'idée d'utiliser le système Vélib les premiers jours, du fait des difficultés à trouver un vélo en état de marche ou une attache, elle fait aussi des commentaires positifs dont : le couplage possible du Pass Navigo avec Vélib, le prix qu'elle considère raisonnable (quand ça marche), la possibilité d'acheter un ticket à l'avance par Internet.

En conclusion, Juliellen Sarver considère que même si Vélib est maintenant un peu dépassé, il en faudrait assez peu pour que le système retrouve du lustre pour de nombreuses années à venir. Le marquage au sol des pistes cyclables parisiennes lui semble aussi très perfectible quand il n'est pas complètement usé.  

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