Des HLM au standard Passivhaus

mardi 24 décembre 2013 Écrit par  Yves Heuillard

En région Parisienne, le bailleur social Opievoy a confié à l'architecte Pascal Gontier la construction 41 logements sociaux au standard Passivhaus. 

Les bailleurs sociaux ont toujours su montrer le chemin du progrès en matière de logements. À telle enseigne que les appartements des bâtiments hygiénistes à bon marché construits à Paris à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème sont aujourd'hui parmi les plus prisés, et souvent les plus regardés de Paris et de sa proche banlieue.

Opievoy est le premier office public de l'habitat de la couronne parisienne (avec plus de 50 000 logements dans 8 départements). Discret, mais engagé dans plus de 22 programmes de rénovation urbaine, le groupe oeuvre à promouvoir un habitat social de qualité.

Pour son premier immeuble passif, construit à Gonesse (Val-d'Oise), Opievoy ne pouvait pas mieux faire que de proposer des logements au standard de perfomance énergétique allemand Passivhaus, le plus exigeant du genre. Et en confiant la maîtrise d'oeuvre à Pascal Gontier, l'un des meilleurs spécialiste français du bâtiment passif, il visait d'emblée l'excellence.

Immeuble HLM au standard passivhaus - intérieur

Les 41 logements sociaux de Gonesse forment deux bâtiments distincts de deux étages. Un parking extérieur, situé à l’est du terrain, se prolonge sous les pilotis du plus grand bâtiment. Des terrasses jardins et balcons prolongent les logements qui tous offrent des orientations multiples. La structure du bâtiment est en béton et en métal tandis que l'enveloppe est en ossature bois. Résultat, on se croirait presque dans le Vorarlberg*.

L'adoption du standard Passivhaus se traduit par une très forte isolation de l’enveloppe, des fenêtres largement dimensionnées à triples vitrages, ainsi qu’un travail architectural des détails constructifs permettant de réduire au maximum les ponts thermiques.

Fiche d'identité

41 logements collectifs et intermédiaires Label Passivhaus
Facade en ossature bois
Isolation des murs : 37 cm de laine de roche. Toiture : 24 cm de polyuréthane.
VMC double flux.
PAC géothermique sur pieux.
ECS Heliopac avec panneaux solaires en toiture. Fenêtres triple vitrage de marque Bieber, labelisées Pasivhaus. 
Maître d’ouvrage : Opievoy
Maître d’oeuvre : Atelier Pascal Gontier. MC Pro, SLG Paysage.
Budget travaux : 5 300 000 euros
Livraison : novembre 2013

Pratiquement pas de chauffage

Le standard Passivhaus est le plus exigeant des standards de performance énergétique des bâtiments. D'origine allemande, il exige une consommation d'énergie primaire maximale de 15 kWh/m².a (kilowattheures par m² et par an) pour le chauffage, et une puissance installée de chauffage pour les périodes de plus forte demande de 10 W/m², soit encore 1000 watts pour 100 m², soit encore, pour fixer les idées, la puissance d'un grille-pain pour un 4 pièces.

Et donc comparé à la majorité des immeubles du centre de Paris, l'immeuble de Gonesse consomme de 20 à 30 fois moins d'energie pour le chauffage.

L'énergie nécessaire au chuaffage,n'est pas la seule exigence du standard Passivhaus. Il fixe également la consommation maximale d'énergie pour l'éclairage, la ventilation, l'eau chaude, les auxiliaires (moteurs de pompes par exemple), et les équipements électroménagers standards soit en tout 120 kWh/m².an. L'étancheité à l'air est également primordiale et controlée en fin de chantier.

Changer les comportements

Opievoy, explique que le programme de Gonesse a permis de tester les contraintes, les bénéfices et les surcoûts d'un tel programme passif.

Et de souligner la nécessité de former l'ensemble des intervenants d'un tel projet, du début de la construction jusqu'à l'entrée dans les lieux des locataires, aux techniques d'un bâtiment passif : "toutes les parties prenantes du projet sont réunies et s’informent mutuellement sur les adaptations que chacune a dû mettre en oeuvre pour appliquer le standard Passivhaus."

La VMC double-flux par exemple demande un traitement particulier : "comment on s'assure de son fonctionnement permanent, comment on rentre dans les logements deux fois par an pour en assurer l'entretien".

Opievoy s'est également entouré d'un prestataire extérieur (Effineo) pour travailler sur l'appropriation de l'usage d'un bâtiment passif par les locataires : apprendre à n'ouvrir les fenêtres que façon appropriée, à ne pas percer les murs, faire le point sur les consommations, avoir un oeil sur la VMC, choisir les bons appareils ménagers. Des sessions de formation et même un suivi téléphonique ont été mis en place pour apprendre, comprendre et transmettre ces nouveaux usages du logement.

 

* La petite région du Vorarlberg en Autriche, aux confins de la Suisse et de l'Allemagne, défend depuis 15 ans le principe d'une construction passive utilisant le bois des forêts locales. La région est devenue emblématique de la construction passive et un exemple pour le monde entier.

Photographies Hervé Abbadie 

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