La transition énergétique allemande, une bonne affaire

jeudi 13 février 2014 Écrit par  Yves Heuillard

Un rapport de l'institut de recherche allemand Fraunhofer montre que la transition énergétique allemande sera une très bonne affaire pour le pays.

L'Allemagne est l'un des pays du monde où la transition énergétique est la plus avancée. À entendre les Cassandres français, la fermeture de 8 réacteurs nucléaires au lendemain de Fukushima, l'abandon du nucléaire programmé pour 2022, le développement colossal de l'éolien et du photovoltaïque, devraient mener tout droit l'Allemagne à la ruine, faire grimper les prix de l'énergie dans des proportions insoutenables pour la population, faire fuir les entreprises, et même plonger rapidement le pays dans le noir. 

Le graphique expliqué

La courbe en pointillés rouges représente les économies réalisées moins les coûts (hors coût du capital et avec un prix stable des combustibles fossiles.

De haut en bas : en vert les économies de combustibles fossiles ; en jaune les coûts du photovoltaïque ; en bleu clair ceux de l'éolien à terre ; en bleu foncé, l'éolien en mer ; puis le coût des infrastructures, les véhicules électriques, le stockage, les pompes à chaleur, les mesures d'efficacité énergétique.

La courbe n'est pas cumulative. En 2050 l'Allemagne économise 40 milliards d'euros (hypothèse basse) par rapport à une situation sans transition énergétique.

L'institut Fraunhofer est l'un des plus grands instituts de recherche d'Europe. Il vient de publier un rapport qui montre que l'investissement dans la transition énergétique allemande, la "Energiewende", est une très bonne affaire pour le pays.

Rappelons que la Energiewende prévoit, à l'horizon 2050, 80 % à 95 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 50 % d’économies d’énergies toutes sources confondues (dont 25 % pour l’électricité), au moins 60 % d’énergies renouvelables (toutes énergies confondues) et au moins 80 % d’électricité renouvelable. Et beaucoup pensent que 100% d'énergies renouvelables sont possibles.

Le rapport du Fraunhofer, publié le 21 janvier dernier, montre que l'investissement dans la Energiewende sera de l'ordre de 380 milliards d'euros jusqu'en 2030, date à laquelle le point d'équilibre sera atteint.

L'équation est la suivante : les investissements dans les renouvelables allègent la facture de combustibles fossiles du pays (83 milliards par an aujourd'hui) ; le point d'équilibre est atteint quand les économies de combustibles fossiles - payés en pure perte à la Russie, à la Norvège ou aux pays du Golfe - dépassent le coût des renouvelables. Au-delà de ce point, la transition énergétique rembourse ses investissements puis devient rentable.

Même avec des hypothèses très conservatrices (un prix stable des énergies fossiles) le retour sur investissement de la transition énergétique allemande est de 2,3% d'ici à 2050. En prenant les hypothèses de différents instituts économiques sur l'augmentation du prix du gaz et du pétrole, la rentabilité se situe entre 4 et 6,7%.

Au delà de la rentabilité de l'investissement dans les énergies renouvelables, ce que le rapport ne mesure pas, ce sont les retombées économiques pour l'Allemagne du développement des technologies nécessaires à la mise en oeuvre de cette Energiewende.

Quatre cent mille emplois ont été déjà été créés directement dans le secteur des énergies renouvelables et 350 000 autres emplois indirectement (source DIW Berlin, Claudia Kempfert). Avec sa transition énergétique, L'Allemagne, déjà championne des technologies vertes, invente les produits et services de demain. 

Lire le rapport complet du Fraunhofer IWES (en allemand).

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