Tremblements de terre et réchauffement climatique : un lien ?

dimanche 06 avril 2014 Écrit par  Yves Heuillard
 Port-au-Prince après le tremblement de 2010 Port-au-Prince après le tremblement de 2010 Photo CC United Nations

Y-a-t-il un lien entre changement climatique et activité sismique ?  Selon Bill McGuire, géophysicien britannique, on dit tout et n'importe quoi sur le sujet, mais il y a de bonnes raisons de se poser la question. 

Il y a vingt mille ans, notre planète était largement recouverte de glace. Les températures étaient six degrés moindres qu'aujourd'hui ; des calottes de glace de plusieurs kilomètres d'épaisseur recouvraient la majorité de l'Europe et l'Amérique du Nord et le niveau de la mer était 130m plus bas que le niveau actuel.

Les 15 millénaires suivants ont vu une transformation étonnante qui a totalement métamorphosé la planète et permis le développement de l'humanité : les températures s'élèvent, la glace fond comme beurre au soleil et des rivières gigantesques remplissent les océans jusqu'au niveau actuel. La fonte d'énormes masses de glace sur les parties les plus hautes, provoque l’allègement de la croûte terrestre qui remonte en déclenchant des tremblements de terre en Europe et en Amérique du Nord et notamment en provoquant une explosion volcanique sans précédent en Islande.

walking-the-giant.jpgRéveiller le géant

Cette histoire des conséquences du réchauffement après la dernière ére glaciaire est racontée par Bill McGuire dans son livre « Waking the Giant: How a changing climate triggers earthquakes, tsunamis, and volcanoes » en français « Reveiller le géant : comment un changement du climat déclenche des tremblements de terre, des tsunamis, ou des éruptions climatique », ouvrage publié en avril 2013 et non traduit en français. 

Bill McGuire est professeur émérite de géophysique et des risques climatiques à l'University College de Londres et l'un des volcanologues les plus populaires en Grande-Bretagne. C'est un spécialiste des catastrophes géologiques, dont les supervolcans, les tsunamis et les tremblements de terre. Il étudie actuellement le forçage climatique des risques géologiques, autrement dit l'impact du réchauffement, non pas sur l'atmosphère et les océans comme le font les climatologues, mais sur la géosphère solide.

Plus de tremblements de terre, plus d'éruptions volcaniques

"On dit tout et n’importe quoi sur le sujet" dit Mc Guire (1), "en particulier depuis le tsunami qui a ravagé le nord-est du japon en 2011 et avant ça celui de 2004 dans l'océan indien. C'est un non-sens de dire que ces événements sont dus au réchauffement climatique car l'élévation des températures ne va pas provoquer plus de tremblements de terre, ou plus d'éruption volcaniques, mais il y a quand même un brin de vérité là-dedans, rappelant ce qui s'est passé après la dernière période glaciaire, la réponse de la croûte terrestre à la fonte des glaces générant plus de tremblements de terre, plus d'éruptions volcaniques, plus de glissements de terrain dans les abysses océaniques".

Et donc, poursuit Mc Guire, "il y a bien un lien entre les changements climatiques majeurs et ces risques géologiques qui peuvent engendrer d'énormes pertes humaines […].

Aussi la grande question est la suivante : avec le réchauffement climatique actuel provoqué par les activités humaines, allons-nous voir apparaître ce même type de réponse [de la croûte terrestre ; ndlr] ? Il y a de forte chance que la réponse soit oui, car les prévisions d’élévation de températures et du niveau des mers sont très semblables à ce qui s'est passé après le dernier épisode glaciaire […], et le fait est que si nous n'agissons pas rapidement, la Terre va réagir".  

Toujours selon Mc Guire, les modélisations des effets du réchauffement climatique, suggèrent une augmentation des risques géologiques, en même temps que les observations indiquent que c'est peut être déjà le cas. (2)

Notes
1) on pourra se reporter à cette vidéo
2) Climate forcing of geological and geomorphological hazards , par Bill McGuire, Richard Betts, Christopher Kilburn, Mark Maslin, David Pyle, John Smellie and David Tappin. Annales de la Royal Society.

En ouverture Port-au-Prince après le tremblement de 2010. Photo CC United Nations.

2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire lundi 18 mai 2015 Posté par La rédaction de ddmagazine

    Merci de nous avoir signalé cette faute. Revenez-souvent, mais faites vos remarques avec gentillesse et bienveillance. Ce n'est pas hasard que le National Geographic a 7 niveaux de relecture, c'est qu'après 6 relectures par des relecteurs différents il peut rester encore des imperfections. Nous nous n'avons d'autres relecteurs que nos lecteurs. Et merci de nous avoir appris qu'au Canada on écrivait "sensés" pour "censés". Un peu d'humilité ne fait de mal à personne.

  • Lien vers le commentaire vendredi 15 mai 2015 Posté par Camille

    Sujet intéressant, dommage qu'il y ait des fautes de français comme dans "On dit tout est n'importe quoi". Un peu étrange pour lecteurs québécois, puisque "est" et "et" ne sont pas sensés se prononcer de la même façon...

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