Energies renouvelables : toujours moins chères

mardi 16 septembre 2014 Écrit par  Yves Heuillard
Pergola solaire à Barcelone Pergola solaire à Barcelone Photo Max D.

Dans le monde on installe maintenant davantage de nouvelles capacités électriques renouvelables que conventionnelles. Et les prix ne cessent de baisser en même temps que les performances s'améliorent - selon le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie renouvelable (IRENA).

Dans le monde entier, l'énergie renouvelable est devenue courante et progresse à une vitesse vertigineuse, plus vite que n'importe quel autre secteur énergétique. Les coûts sont en chute libre, des millions d'emplois sont créés, le développement des renouvelables se combine avec les efforts internationaux visant à freiner le changement climatique et il n'est pas totalement utopique de croire à l'avénement d'une l'électricité presque gratuite pour tous dans un avenir relativement proche.

Graphique montrant la part des renouvelables (hydraulique, éolien, solaire) dans les nouvelles capacités électriques
La part des renouvelables dans les nouvelles capacités électriques dépasse 50%. Source Irena.

Pour le lecteur étonné, ou incrédule, voici quelques chiffres tirés du rapport "REthinking Energy: Towards a new power system", rapport qui vient d'être publié par l'Agence internationale de l'énergie renouvelable (IRENA ou International Renewable Energy Agency).

L'electricité photovoltaïque n'en finit pas de baisser

Le prix des panneaux solaires a baissé de 60% entre 2010 et 2012  et leur prix devrait être divisé par 5 entre 2010 et 2020 !  En même temps l'efficacité des panneaux solaires photovoltaïques, c'est à dire leur capacité à convertir l'énergie solaire en courant électrique, s'est amélioré de 3,5 à 4,5% par an pendant ces dix dernières années. Si on appliquait ces chiffres à l'automobile, une voiture de 2012 coûterait moins de la moitié du prix de la même voiture de 2010  et consommerait moitié moins, à performance égale, qu'une voiture comprarable de 2002... 

Dans le prix d'une petite installation solaire comme celle que vous pourriez mettre sur votre toit, les panneaux photovoltaïques seuls représentaient plus de la moitié du coût en 2010, il ne représentent déjà plus que le tiers du coût aujourd'hui et ils n'en représenteront bientôt que le quart, l'ingénièrie et la construction devenant le premier poste de coût d'une installation.

Graphique montrant la baisse du coût d'une installation photovoltaïque et de la part relative des panneaux
Coût en dollars par watt d'une petite installation solaire. Source Irena

Ces baisses de coûts font qu'au moins un tiers des petites ou moyennes installations photovoltaïques européennes sont déjà  réalisées sans aide directe. Au Chili, une ferme solaire de 70 MW, en cours de construction, vendra son électricité directement sur le marché donc en concurrence frontale avec l'électricité produite à partir du charbon ou du gaz.

Les renouvelables en tête des nouvelles installations

Le prix des éoliennes terrestres ont baissé de 30% entre 2008 et 2012 faisant de l'électricité éolienne la source d'électricité la plus compétitive dans un nombre croissant de pays. L'électricité éolienne terrestre était déjà moins chère que l'électricité nucléaire en 2011 (c'est à dire avant Fukushima) et serait moins chère que l'électricité au gaz ou au charbon si les impacts environnementaux entraient en ligne de compte. Le rapport cite l'exemple du Brésil où le prix de l'electricité éolienne est descendu à 45 $ par MWH (soit 3,4 centimes d'euros par kWh à comparer avec 10,5 centimes le kWh réclamé par EDF pour l'electricité produite par ses EPR au Royaume-uni, notre article).

En 2013 pour la premeière fois, on a installé plus de puissance électrique renouvelable que de puissance électrique conventionnelle. 60% des nouvelles capacités de 2013 sont des renouvelables. 

Pour la première fois en 2013 on a installé plus de capacités solaires que éoliennes. Les renouvelables produisent 22 % de l'électrcité du monde, l'hydraulique ayant la part du lion (16,4 %).

Dans le monde, la capacité de production électrique renouvelable a augmenté de 85% au cours des 10 dernières années, atteignant 1 700 GW en 2013, et les sources d'énergies renouvelables constituent aujourd'hui 30% de la puissance installée de production éléctrique.

Depuis 2011 c'est plus de 100 GW renouvelables par an qui sont mis en service. Le défi n'est plus de savoir si l'énergie renouvelable peut alimenter la planète à un coût raisonnable - nous savons que c'est déjà le cas - mais comment financer et accélérer son déploiement. 

Moins volatiles que les combustibles fossiles

Toujours selon le raport de l'IRENA, la bonne nouvelle est, qu'avec l'expérience, les investisseurs privés sont de plus en plus nombreux à faire confiance aux renouvelables, beaucoup moins sujets aux risques géopolitiques, aux catastrophes technologiques, ou aux incertitudes des politiques climatiques.

Ainsi en 2013, 214 milliards de dollars ont été investis dans les renouvelables (hors gros hydraulique). La mauvaise nouvelle est qu'il faudrait un investissement de 550 milliards de dollars par an jusqu'en 2030 pour éviter les catastrophes annoncées du changement climatique.

Le rapport souligne les bénéfices globaux pour les sociétés des pays qui investissent dans les renouvelables, en particulier la création d'emplois et l'amélioration de la balance commerciale par la réduction de la facture pétrolière. Ainsi l'Allemagne a économisé 13,5 milliards de dollars de combustibles fossiles en 2012.

L'impact sur la santé des combustibles fossiles est difficilement mesurable mais le rapport cite le chiffre de 42,8 milliards d'euros par an pour les seuls impacts sur la santé de la combustion du charbon en Europe (chiffre de la European Health and Environment Alliance). Ces impacts seraient-ils imputables aux énergies fossiles qu'elles deviendraient considérablement plus chères.

Lire le rapport de l'IRENA, Rethinking Energy 2014   

Photo d'ouverture : Pergola solaire à Barcelone. Photo CC Max D.

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