Ventilation bien contrôlée, énorme gisement d'économies

mardi 29 avril 2008 Écrit par  rédaction

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A Chavanod, commune de Haute-Savoie (74), la Communauté de l'agglomération d'Annecy (C2A) met à disposition de jeunes entreprises des bureaux dans l'Espace Galileo, un bâtiment de 1100 m² construit en 1999, sans souci particulier d'économie d'énergie : construction en tôles, isolation de 7 cm en mousse de polyuréthane, consommation de l'ordre de 200 kWh/m². Fort de son succès auprès des créateurs d'entreprises, l'espace agrandit ses locaux de 600 m² sur deux niveaux. Ce qui a retenu notre intérêt c'est l'objectif de construire cette extension à dépense énergétique constante. Autrement dit l'ensemble des deux bâtiments ne doit pas consommer d'avantage d'énergie que le bâtiment initial seul.

 

Il faut donc donc mettre en place des économies d'énergie dans l'ancien bâtiment, et être astucieux pour ne pas en dépenser trop dans le nouveau. « La seule gestion de la ventilation, qui consiste à arrêter le renouvellement d'air la nuit et pendant les week-end nous permettra d'économiser de 10 à 20 % de la facture de chauffage », explique Joël Bouissonnié, directeur de la pépinière d'entreprises, qui a demandé un diagnostic énergétique du bâtiment par EDF. Et de poursuivre, radieux : « On peut faire cela avec un simple programmateur à 100 euros ! » L'été, au contraire il faut surventiler la nuit pour refroidir le bâtiment de manière à éviter le plus possible le recours à la climatisation le jour. Cette première mesure, toute simple pourra être affinée. En effet, la nouvelle réglementation relative à l'interdiction de fumer, permet aussi de réduire les débits d'air de 25m3/h par occupant à 18 m3/h. Il faudra aussi, à terme, séparer les ventilations des bureaux de celles des sanitaires de manière à maintenir une ventilation suffisante dans ces derniers. Le montage de variateurs de vitesse sur les extracteurs et de sondes de mesure de la qualité de l'air extrait permettra une programmation plus fine. Enfin la possible récupération des calories dans l'air rejeté par une pompe à chaleur donne une marge de manoeuvre supplémentaire.

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Joël Bouissonnié explique aussi que l'inertie thermique du bâtiment étant faible, du fait de très grandes surfaces vitrées, il est préférable de ne chauffer les salles de réunions que pendant leur occupation et ce avec une légère anticipation. Et dans le même ordre d'idée, la simple fermeture des rideaux de ces même salles est aussi source d'économie. La gestion de l'éclairage par détection de présence est également envisagée.
Dans le nouveau bâtiment, un puits canadien, aussi appelé puits provençal, permettra d'optimiser le chauffage l'hiver et le rafraichissement l'été. Olivier Zampin, architecte, explique : « L'investissement pour le puits canadien est faible et permet d'apporter un confort non-négligeable. » Pour cette extension de 600 m², le coût du puits canadien, installation incluse, s'élève à 6 080 € HT. D'après le bureau d'études Beter Cachat, l'installation permet d'économiser environ 5 200 kWh/an, soit une économie de 190 €/an sur la facture de gaz, au tarif d'aujourd'hui. Outre le puits canadien, la toîture, isolée avec 40 centimètres de laine de verre, a été conçue de façon à pouvoir supporter la charge d'une installation de panneaux photovoltaïques. L'isolation dans les murs (avec des panneaux de polyuréthane) a été quasiment doublée par rapport à l'ancien bâtiment avec 12 centimètres d'épaisseur. Les larges baies vitrées ont été abandonnées mais une verrière, implantée dans la toiture à l'entrée de l'extension, permet de profiter davantage de la lumière naturelle. Enfin, profitant de la pente, le nouveau bâtiment est semi-enterré pour une meilleure performance thermique.

Le principe de fonctionnement du puits canadien

Le puits canadien est un système géothermique dit de surface. En pratique, un tuyau passse dans le sol et récupère sa chaleur en hiver et sa fraîcheur en été. L'air est capté à l'extérieur, passe dans le tuyau, se réchauffe (en hiver) ou se refroidit (en été) avant de pénétrer dans le bâtiment. Le sol étant plus chaud que l'air en hiver et plus froid en été.
Il serait stupide de rejeter l'air ambiant remplacé par ce flux d'air neuf sans lui avoir pompé ses calories. C'est le rôle de la ventilation dite double flux (un flux qui vient du puits canadien, un autre flux qui éjecte l'air vicié vers l'extérieur) couplée avec une pompe à chaleur. En hiver, la pompe réinjecte les calories de l'air sortant dans l'air entrant.

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