Électricité nucléaire : l'année 2014 en revue

mardi 03 février 2015 Écrit par  Jim Green

La part de la production nucléaire dans la production électrique mondiale est en baisse en même temps que les nouveaux réacteurs sont de plus en plus difficiles à financer et à construire. Le seul secteur de croissance serait le démantèlement, mais où est l'argent ?

Dans le monde, selon la World Nuclear Association (2), la puissance de production d'électricité nucléaire n'a que légèrement cru pendant l'année 2014. Cinq nouveaux réacteurs ont été démarrés, et trois ont été définitivement fermés (Vermont Yankee au USA et Fukushima Daiichi N° 5 et 6 au Japon).

À propos de l'auteur

Portratit de Jim Green, éditeur du Nuclear Monitor

Dr Jim Green est l'éditeur de la revue Nuclear Monitor et responsable de campagne sur le sujet du nucléaire pour les Amis de la Terre en Australie.

Depuis 1978, Nuclear Monitor est publié 20 fois par an par WISE (World Information Service on Energy). Il est reconnu pour le sérieux d'analyses très documentées sur tous les sujets touchants au nucléaire. C'est une source indépendante et incontournable pour tous ceux qui s'intéressent au sujet.

L'article que nous traduisons ici avec l'autorisation de l'auteur a été publié dans le numéro 797 du Nuclear Monitor daté de janvier 2015. 

Il y a maintenant 437 réacteurs en état de fonctionner dans le monde (pour une puissance de 377,7 GW) à comparer à 435 réacteurs un an auparavant (pour une puissance de 375,3 GW). Soit une croissance de 0,5% en nombre de réacteurs et de 0,6% en puissance. À titre de comparaison, dans le même temps, plus de 100 GW de capacités photovoltaïques et éoliennes ont été installées en 2014, contre 74 en 2013 (3).

La construction de trois réacteurs a démarré, un en Biélorussie, un dans les Émirats arabes unis, et le troisième en Argentine. Les chiffres sont dans la continuité d'une longue période de stagnation de cette industrie. De 1995 à 2014 (en 20 ans donc) la puissance électrique d'origine nucléaire a cru de 10,6%, et seulement 2,6% entre 2005 et 2014 (4). 

Des projections irréalistes

Malgré 20 ans de stagnation, la Word Nuclear Association reste optimiste. Dans son dernier rapport The World Nuclear Supply Chain: Outlook 2030, elle envisage le démarrage de 266 nouveaux réacteurs d'ici 2030 (5). Ce chiffre n'est pas plausible. Il supposerait la mise en services des 70 réacteurs en construction, le démarrage, la construction et la mise en service de 196 autres, et quelques douzaines d'autres pour remplacer ceux qui seront arrêtés. Tout ça en 15 ans ! Dommage que la World Nuclear Association ne prennent pas des paris sur des projections aussi ridicules.

Le périodique spécialisé Nuclear Energy Insider est plus mesuré et réfléchi dans son bilan de l'année publié en décembre dernier : "De nombreux experts croient que des technologies comme les petits réacteurs modulaires (SMR) annoncent un futur glorieux pour le secteur. Cependant la croissance des énergies renouvelables, la disponibilité de ressources gazières et pétrolières abondantes et bon marché, et le vieillissement du parc existant de réacteurs, représentent un défi pour l'industrie." (6)

Steve Kidd, un expert du nucléaire qui a travaillé pendant 17 ans pour la World Nuclear Association est encore moins optimiste, avançant que les avocats du nucléaire n'ont pas fait beaucoup de progrès pour améliorer l'acceptation du nucléaire dans les populations.

Steve Kidd écrit : "nous n'avons pas vu de renaissance nucléaire, mais au contraire la fermeture d'un nombre significatif de réacteurs dans quelques pays, combinée à une forte croissance en Chine. Des pays comme l'Allemagne, ou la Suisse, qui se réclament de valeurs environnementales, s'éloignent fortement du nucléaire. Même avec la croissance rapide du nucléaire en Chine, la part du nucléaire dans la production électrique mondiale est en déclin. L'industrie [nucléaire] ne fait pas beaucoup plus qu'espérer que les politiques et les financiers se rangeront à leurs vues et favoriseront d'énormes programmes nucléaires. Si on suit les tendances actuelles, ceci est de moins en moins probable. La part élevée et croissante du nucléaire dans les scénarios de lutte contre le réchauffement climatique est un faux espoir, que trop peu d'éléments viennent étayer. Le scénario décrit dans le World Nuclear Industry Status Report est beaucoup plus crédible (7). Bien que ce rapport soit écrit par des opposants au nucléaire, sa vision de la fermeture progressive des réacteurs existants sans que la construction de nouveaux réacteurs ne parviennent à les remplacer, s'approche probablement plus de la vérité étant donné les tendances récentes." 

Les commentaires de Steve Kidd sur les énergies renouvelables valent aussi d'être cités : "la position de l'industrie nucléaire donnant du crédit au changement climatique par les combustibles fossiles n'a fait que renforcer l'industrie des renouvelables. Le nucléaire apparaît trop compliqué et se trouve marginalisé comme il l'a toujours été depuis les accords de Kyoto. Et maintenant les renouvelables, souvent pensées comme un complément utile au nucléaire, commencent à le menacer sur les marchés où il y a abondance de vent et de soleil." (8)

Steve Kidd propose de réduire les coûts du nucléaire en simplifiant et en standardisant la conception des réacteurs. En même temps, comme le fait remarquer l'Agence internationale de l'énergie (9) dans son rapport World Energy Outlook 2014, la croissance du nucléaire restera concentrée dans les pays où les prix de l'électricité sont régulés, où l'État soutient les entreprises de l'énergie et les investissements privés [dans le nucléaire, ndlr]. Inversement l'électricité nucléaire se trouve dans une position difficile sur les marchés plus concurrentiels avec des risques de marchés et des risques réglementaires ; et puis l'acceptation public du nucléaire reste un problème critique dans le monde entier.

Quatre pays supposés conduire la renaissance nucléaire 

Regardons maintenant les pays dans lesquels le nombre de réacteurs pourrait croître ou décroître de 10 unités au moins au cours des 15 à 20 prochaines années. Il est frappant de voir combien les programmes nucléaire de ces pays sont entachés d'incertitudes.

La Chine est l'une des exceptions. La Chine dispose de 22 réacteurs, 27 sont en construction, et 64 en projets. Il faut s'attendre là à une croissance rapide, sauf accident, ou acte de sabotage ou de terrorisme. Dans les autres pays, la Russie, la Corée du Sud, et l'Inde, la croissance pourrait être modeste et lente (10).

La Russie dispose de 34 réacteurs en fonctionnement, 9 sont en construction et 31 en projets. Seulement trois réacteurs ont démarré pendant la dernière décennie et cette faible croissance devrait se poursuivre. En matière d'exportation, Steve Kidd fait remarquer qu'il est raisonnable de penser que la Russie ne pourra pas réaliser seulement la moitié des projets dans lesquels elle se dit fortement impliquée (11).

La Corée du Sud a 23 réacteurs en service, 5 en construction, et 8 autres en projets. Ses plans d'un développement rapide du nucléaire ont été sérieusement mis à mal par trois événements (12) : la catastrophe de Fukushima ; un scandale sur la fabrication de faux documents sur la sécurité des installations ; et un piratage informatique du réseau d'ordinateur de la compagnie d'électricité Hydro & Nuclear Power [filiale de la compagnie électrique nationale Kepco, ndlr] . La croissance sera, dans le meilleur des cas, modeste et lente.

L'inde dispose de 21 réacteurs en service, 6 en construction et 22 autres en projets. Mais selon un article du Hindustan Times du 24 nov. 2014 (13), le programme nucléaire indien est "complètement gelé". Même son de cloche de la part de India Today, le 8 janv. 2015 (14) : "le programme nucléaire indien est au bord du désarroi. Pendant ces 4 dernières années aucun appel d'offre n'a été lancé, alors qu'on attendait le début d'une renaissance nucléaire après la signature d'un accord sur le nucléaire civil avec les États Unis." 

Le quotidien The Hindu du 14 novembre 2014 (15) explique que trois facteurs sont à l'origine du ralentissement nucléaire en Inde : "les prix exorbitants des réacteurs français et américains, le problème de la responsabilité en cas d'accident, et les oppositions d'associations locales contre les projets de centrales multi-réacteurs." Sans compter que des désaccords sur les problématiques de non-prolifération ne font que reporter les investissements français et américains dans les projets indiens (16).

Quid de l'Arabie Saoudite et de l'Afrique du Sud ?

L'année dernière l'Arabie Saoudite avait annoncé son intention de construire 16 réacteurs d'ici 2032. Mais la date a déjà été repoussée à 2040. Comme tous les pays qui s'embarquent dans un programme nucléaire pour la première fois, l'Arabie Saoudite se trouve confrontée à des problèmes de logistique et de compétences énormes. Sans compter les obstacles politiques posés par les intentions affichées de l'Arabie Saoudite de se doter de l'arme atomique, si le programme nucléaire iranien n'était pas contenu (17, 18, 19)

Afrique du Sud. Successivement arrêté et relancé plusieurs fois le programme nucléaire sud-africain est reparti avec un projet de 9,6 GW qui viendraient s'ajouter aux deux réacteurs de Koeberg (20). En 2007, l'électricien national Eskom avait approuvé un plan de 20 GW. L'EPR d'Areva et le réacteur AP1000 de Westinghouse avaient été retenus parmi les candidats possibles et des appels d'offres lancés. En 2008 Eskom avait annoncé qu'il ne donnait pas suite du fait de l'absence de financement. 

Le nouveau projet est accueilli avec scepticisme. Le commentateur pronucléaire Dan Yurman, qui estime l'investissement total, avec les infrastructures, entre 65 et 84 milliards de dollars, voit mal comment Eskom, qui est perpétuellement fauché et qui n'est pas autorisé à augmenter les tarifs de l'électricité, pourrait financer un tel projet (21) 

Négawatts nucléaires

Maintenant voyons rapidement du côté des pays qui verront probablement leur production nucléaire décliner au cours des 15 à 20 prochaines années.

Les Etats-Unis disposent de 99 réacteurs. 5 sont en construction et les décisions d'en fermer autant ont été prises ces dernières années (22). Comme le Financial Times le notait l'année dernière les décisions qui ont le plus secoué l'industrie sont celles qui ont abouti à la fermeture des réacteurs de Kewaunee dans le Wiscosin et de Vermont Yankee dans le Vermont - les deux étaient autorisés à fonctionner jusqu'en 2030 mais leur exploitation n'était tout simplement plus rentable (23). L'agence américaine d'information sur l'énergie (U.S Energy Information Administration) avait estimé en avril 2014 que 10,8 GW de capacités nucléaires - environ 10% de la capacité totale - pourraient être arrêtés. L'industrie nucléaire américaine peut espérer au mieux une stagnation soutenue par de nouvelles mesures législatives et réglementaires et par des milliards de dollars d'aides en faveur du nucléaire.

La situation est largement similaire au Royaume-Uni où les acteurs locaux de l'industrie nucléaire se démènent pour simplement conserver l'acquis.

En France, l'Assemblée nationale a voté en octobre 2014 la baisse de la part de l'électricité nucléaire dans la production électrique de 75% à 50% d'ici 2025, un maximum de capacité nucléaire fixé à 63,2 GW [la puissance en service actuelle, ndlr], un objectif de 40% de renouvelables, et de nombreuses mesures pour y parvenir (24, 25). Le Sénat doit voter en février, et il est probable qu'il s'oppose à une limitation du nucléaire. Il faut s'attendre à de nombreux rebondissements dans la politique énergétique française. Ségolène Royal, la ministre de l'énergie, a invité la France a construire une nouvelle génération de réacteurs (26), tout en précisant que la loi sur la transition énergétique d'octobre 2014, n'incluait pas de limite d'âge des réacteurs à 40 ans, comme le réclament les écologistes.

En Allemagne, le gouvernement poursuit systématiquement sa politique de sortie du nucléaire d'ici 2023. Ceci posé, rien n'est certain : la sortie du nucléaire votée par la coalition sociale démocrate /verts au début des années 2000 avait été plus tard remise en cause par un gouvernement conservateur.

Au Japon, les 48 réacteurs en état de fonctionner, sont tous arrêtés. Une estimation raisonnable serait que les 3/4 (36 sur 48), redémarreront dans les années à venir. Avant Fukushima, Tokyo prévoyait la construction de 15 à 20 nouveaux réacteurs, qui ajoutés au 55 en fonctionnement, aurait donné une flotte totale de 70 à 75 réacteurs. Au final, l'industrie nucléaire japonaise se retrouvera avec à peu près la moitié des réacteurs prévus si le désastre de Fukushima n'avait pas eu lieu. 

les 4 réacteurs de la centrale de Ohi, au japon
Centrale nucléaire de Ohi au Japon. Tous les réacteurs japonais sont arrêtés (début 2015).
Photo AIEA.

Une sacrée épine dans le pied : l'âge des réacteurs

Le problème de l'âge des réacteurs est devenu un sujet de préoccupation majeure en 2014. Et ceci n'est pas prêt de s'arrêter avec un âge moyen actuel de 29 ans qui ne cesse d'augmenter (27, 28).

Les problèmes liés à l'âge des réacteurs sont les suivants : le risque croissant d'accident (avec de nombreux problèmes associés comme par exemple celui de responsabilités mal définies) ; un taux d'indisponibilité des réacteurs moins prévisible (en 2014, il est arrivé au Royaume-Uni que moins de la moitié des réacteurs soient opérationnels) ; des coûts de mise à niveau élevés ; des débats sur les standards de sécurité à appliquer à des réacteurs conçus il y a plusieurs décennies ; les coûts de démantèlement et ceux de la gestion des déchets radioactifs sur le long terme.

Greenpeace avait souligné ces problèmes liés à l'âge des réacteurs dans un rapport publié en 2014. Et pour souligner leurs arguments, les militants s'étaient introduits dans 6 centrales nucléaires vieillissantes (28, 29).

Dans son rapport annuel World energy Outlook 2014 l'Agence internationale de l'énergie (AIE) précise l'étendue de la vague de mise à la retraite des vieux réacteurs : "presque 200 des 434 réacteurs en fonctionnement à la fin de 2013 seront arrêtés d'ici 2040. Avec la vaste majorité des réacteurs concernés en Europe, aux États-unis, en Russie et au Japon."

Faith Birol, l'économiste en chef de l'AIE, fait part de son inquiétude (30) : "nous n'avons pas beaucoup d'expérience et je crains que nous ne soyons pas bien préparés en terme de règles de conduite et de financement pour encadrer le démantèlement. Comment allons-nous gérer un tel nombre de mises à la retraite de centrales nucléaires ? C'est une inquiétude majeure pour nous tous".

Le World Energy Outlook 2014 estime le coût du démantèlement à 100 milliards de dollars d'ici 2040. Il ajoute que des incertitudes considérables entourent cette estimation, du fait du peu d'expérience en matière de démontage des réacteurs, de décontamination et de restauration des sites pour d'autres usages.

Marco Baroni, l'analyste en chef de l'AIE pour le secteur électrique, indique que même sans tenir compte du coût de stockage des déchets [générés par le démantèlement, ndlr], le coût final pourrait être deux fois plus élevé que l'estimation de 100 milliards de dollars, et que selon les réacteurs, le coût pourrait varier d'un facteur 4 (31).

Toujours selon Marco Baroni, le problème "ce n'est pas tant le coût par réacteur que le fait de savoir si les fonds nécessaires ont été provisionnés pour les couvrir". Il semble de plus en plus évident que le compte n'y est pas. Pour donner juste un seul exemple, Entergy, l'exploitant de la centrale arrêtée de Yankee Vermont [aux Etats-Unis], estime un coût de démantèlement de l'ordre de 1,24 milliard de dollars, mais les fonds mis de côté ne sont que de 0,67 milliard de dollars, de l'ordre de la moitié.

Michael Mariotte, président de Nuclear Information and Resource Service écrit dans un article récent (32) : "Entergy n'a que la moitié de l'argent nécessaire au démantèlement (trouvant malgré tout plus économique de fermer le réacteur que de poursuivre son exploitation). Répétez ça sur l'ensemble du pays, avec de nombreux et plus gros réacteurs, et le déficit de moyens pourrait s'avérer stupéfiant. Il faut s'attendre à des conflits majeurs à venir quand les opérateurs de centrales nucléaires essaieront de transférer leurs manquements aux contribuables."

L'industrie nucléaire a une solution simple au problème des vieux réacteurs : de nouveaux réacteurs. Mais la bataille du démantèlement, et le pillage programmé des poches des contribuables pour couvrir l'imprévision des exploitants, rendront encore plus difficile l'adhésion des politiques et du public à la construction de nouveaux réacteurs.

En ouverture : salle de contrôle de la centrale chinoise de Qinshan. Photo CC AIEA.

Notes
1. Hinley Point nuclear deal faces fresh delay. Financial Times, 28 janvier 2015.
2. WNA Weekly Digest, 16 Jan 2015, 'Slight increase in nuclear capacity in 2014', http://us1.campaign-archive2.com/
3. Tierney Smith, 9 Jan 2015, '5 Countries Leading the Way Toward 100% Renewable Energy', http://ecowatch.com/2015/01/09/countries-leading-wayrenewable- energy/
4. www.iaea.org/PRIS/WorldStatistics/WorldTrendNuclearPowerCapacity.aspx6. WNA, 2014.
. WNA, 2014, 'The World Nuclear Supply Chain: Outlook 2030, http://onlineshop.world-nuclear.org/bfont-size18pxthe-world-nuclear-supply-chain-broutlook-2030fontb-18-p.asp
6. John Johnson, 5 Dec 2014, 'Nuclear power to change shape in 2015', http://analysis.nuclearenergyinsider.com/small-modular-reactors/nuclear-powerchange-shape-2015
7. http://worldnuclearreport.org
8. Steve Kidd, 21 Jan 2015, 'Is climate change the worst argument for nuclear?', www.neimagazine.com/opinion/opinionis-climate-change-the-worst-argument-fornuclear-4493537/
9. International Energy Agency, 2014, 'World Energy Outlook 2014', www.worldenergyoutlook.org
10. China's nuclear power plans: safety and security challenges, 19 Dec 2014, Nuclear Monitor #796, www.wiseinternational.org/nuclear-monitors
11. Steve Kidd, 6 Oct 2014, "The world nuclear industry – is it in terminal decline?", www.neimagazine.com/opinion/opinionthe-world-nuclear-industry-is-it-in-terminaldecline-4394815/
12. Heesu Lee, 15 Jan 2015, 'Fukushima Meltdowns Pervade S. Korea Debate on Reactor Life', www.bloomberg.com/news/2015-01-14/fukushima-meltdownspervade-korea-debate-on-longer-reactor-life.html
13. Shishir Gupta and Jayanth Jacob, 30 Nov 2014, 'Govt plans N-revival, focuses on investor concerns', www.hindustantimes.com/india-news/govt-plans-n-revival-looksfor-answers-to-investor-concerns/article1-1291627.aspx
14. Pranab Dhal Samanta, 8 Jan 2015, 'Splitting the liability atom', http://indiatoday.intoday.in/story/obama-republic-day-visit-nuclear-powerprogramme-india-intensifies-efforts/1/412184.html
15. 6 Nov 2014, 'Govt cautious about tapping nuclear energy for power generation',www.thehindu.com/news/national/govt-cautious-on-westdiscarded-nucleartechnology-says-piyush-goyal-at/article6570575.ece
16. Indrani Bagchi, 19 Nov 2014, 'American officials put up hurdles, try to scuttle India-US nuclear deal', http://timesofindia.indiatimes.com/india/American-officialsput- up-hurdles-try-to-scuttle-India-US-nuclear-deal/articleshow/45198136.cms
17. Reuters, 19 Jan 2015, http://uk.reuters.com/article/2015/01/19/saudi-nuclearenergy-idUKL6N0UY2LS20150119?rpc=401
18. Dan Yurman, 24 Jan 2015, 'Saudi Arabia delays its nuclear plans', http://neutronbytes.com/2015/01/24/saudi-arabia-delays-its-nuclear-plans/
19. 18 Sept 2014, 'Saudi Arabia's nuclear power program and its weapons ambitions', Nuclear Monitor #791, www.wiseinternational.org/node/4195
20. 'South Africa's stop-start nuclear power program', Nuclear Monitor #792, 2 Oct 2014, www.wiseinternational.org/node/4193
21. Dan Yurman, 6 Dec 2014, 'China jumps into the action in South Africa', http://neutronbytes.com/2014/12/06/china-makes-haste-to-develop-its-nuclearenergy-future/
22. Nick Cunningham, 9 Feb 2014, 'Wind and Gas Forcing Out Nuclear in Midwest', http://oilprice.com/Latest-Energy-News/World-News/Wind-and-Gas-Forcing-Out-Nuclear-in-Midwest.html
23. Ed Crooks, 19 Feb 2014, 'Uneconomic US nuclear plants at risk of being shutdown', www.ft.com/intl/cms/s/0/da2a6bc6-98fa-11e3-a32f-00144feab7de.html
24. 10 Oct 2014, 'France to cut nuclear's share of power market to 50% by 2025', www.platts.com/latest-news/electric-power/london/france-to-cut-nuclears-share-ofpower-market-26900954
25. Michel Rose, 15 Oct 2014, 'French energy transition law to cut red tape on renewables', http://planetark.org/enviro-news/item/72327
26. Reuters, 13 Jan 2015, 'French energy minister wants new nuclear reactors', www.reuters.com/article/2015/01/13/france-nuclear-idUSL6N0US1P320150113
27. Michael Mariotte, 3 April 2014, 'Nuclear reactors are getting old – and it's showing', www.wiseinternational.org/node/4056
28. Nina Chestney and Geert De Clercq, 19 Jan 2015, 'Global nuclear decommissioning cost seen underestimated, may spiral', www.reuters.com/article/2015/01/19/nuclear-ecommissioningidUSL6N0UV2BI20150119 28. Greenpeace International, 2014, 'Lifetime extension of ageing nuclear power plants: Entering a new era of risk', www.greenpeace.nl/Global/nederland/2014/Documenten/Rapport%20Lifetime %20extension%20of%20ageing%20nuclear%20power%20plants.pdf
29. http://out-of-age.eu
30. WNN, 12 Nov 2014, 'Nuclear industry shares IEA concern', www.world-nuclearnews.org/NP-Nuclear-industry-shares-IEA-concern-12111401.html
31. Nina Chestney and Geert De Clercq, 19 Jan 2015, 'Global nuclear decommissioning cost seen underestimated, may spiral', www.reuters.com/article/2015/01/19/nuclear-ecommissioningidUSL6N0UV2BI20150119
32. Michael Mariotte, 5 Jan 2015, 'Nuclear industry goes hysterically ballistic over Yankee shutdown', http://safeenergy.org/2015/01/05/nuclear-industry-goes-hysterical

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