Eco-quartier de Bonne : une révolution dans une France à la traîne

lundi 26 mai 2008 Écrit par  Alexandra Lianes

« En 2004, [date du lancement du projet de la Zac de Bonne], l'objectif d'atteindre 50 kWh/m²/an pour la consommation de chauffage était très ambitieux. » Les normes de construction imposaient alors 100 kWh/m²/an. « Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. » Le ton est donné par Olivier Sidler, thermicien en chef du futur éco-quartier du centre-ville de Grenoble, devant les partenaires du programme européen Concerto* de réduction de la consommation énergétique des bâtiments. Oui mais. Il y a quatre ans le développement durable n'était pas en vogue. Quant à parler d'éco-quartier... Et le thermicien d'ajouter, qu'avec le projet Concerto de Lyon, au vu du retard pris par la France en matière d'éco-construction, la ZAC de Bonne : « C'est une vraie révolution. »

{slimbox album=|bonne| title=|Photo : Alexandra Lianes|}images/stories/bonne/image01.jpg{/slimbox}{slimbox album=|bonne| title=|Construction d'une école primaire en ossature bois. Photo : Alexandra Lianes|}images/stories/bonne/image02.jpg{/slimbox}{slimbox album=|bonne| title=|Quatre bâtiments des anciennes casernes ont été conservés pour des appartements, un hotel et des bureaux. Photo : Alexandra Lianes|}images/stories/bonne/image03.jpg{/slimbox}{slimbox album=|bonne| title=|Les bâtiments destinés au logement sont tous isolés par l'extérieur. Ici de la laine de verre. Photo : Alexandra Lianes|}images/stories/bonne/image04.jpg{/slimbox}
{slimbox album=|bonne| title=|Les logements sont tous équipés de fenêtres double vitrage. Photo : Alexandra Lianes|}images/stories/bonne/image05.jpg{/slimbox}{slimbox album=|bonne| title=|Photo : Alexandra Lianes|}images/stories/bonne/image06.jpg{/slimbox}{slimbox album=|bonne| title=|Image des futurs immeubles de logements.|}images/stories/bonne/image07.jpg{/slimbox}{slimbox album=|bonne| title=|Image des futurs immeubles de logements.|}images/stories/bonne/image08.jpg{/slimbox}

Cliquer sur la première image pour voir le diaporama. 

Une révolution car architectes, bureau d'études, chefs de chantier, compagnons ont dû repenser leurs méthodes de travail pour atteindre les exigences thermiques. « Nous avons franchi un seuil technique sur le projet de Bonne qui est devenu une référence au niveau national », estime Franck Izoard, chargé d'opération pour l'aménageur, la SEM SAGES. « Il s'agit désormais d'aller plus loin, de poursuivre sur cette voie. Nous avons interrompu une logique de construction », se réjouit-il. Mais cela n'est pas allé de soi. Et Olivier Sidler de parler d'un « travail d'accompagement des équipes dans un pays qui ne connaissait pas les façons de faire ».
Mais une liberté de choix des matériaux et des techniques pour atteindre ces objectifs de consommation (50 kWh/m²/an en chauffage – 30 ECS – 10 parties communes) a été laissée aux promoteurs. « Comment ils y arrivent c'est leur problème », explique Franck Izoard.
Le résultat : une diversité apparente sur les façades des immeubles en cours de construction. Mais les contraintes locales ont obligé les promoteurs à s'orienter vers des fondation en béton en raison des risques sismiques et d'autre part vers une isolation par l'extérieur, aspect technique imposé par l'aménageur. Les autres contraintes ont porté sur l'équipement des logements en système de ventilation double-flux avec récupération de chaleur, l'équipement de chaque logement en panneaux solaires thermiques couvrant la moitié des besoins en eau chaude solaire, le traitement des ponts thermiques sur les balcons.

Le projet de la ZAC de Bonne a apparemment fait bonne figure. « On a l'impression que la France rattrape son retard », confie Pierre Bonhôte, personnalité politique suisse, membre du parti socialiste suisse. Un avis partagé par le responsable du programme néerdlandais de Delft, Kees Kruijff, impressionné par l'avancée des travaux depuis 2004. Et Franck Izoard de souligner la « capacité de réaction [de la France] pour atteindre ces objectifs»

Les promoteurs ont joué le jeu

Il y a, à Grenoble, une demande forte en logements. « La SEM SAGES et la ville de grenoble ont la majorité des opérations d'aménagement. Si les objectifs ne sont pas respectés, les promoteurs n'auront pas droit aux subventions européennes et surtout ils n'auront plus les terrains », explique Valérie Dorié, directrice de la SEM SAGES. Un rapport de force qui permet à l'aménageur d'imposer un cahier des charges aux promoteurs. « Ils sont contraints et jouent le jeu », poursuit Valérie Dioré. En outre un suivi de la consommation des bâtiments pendant deux ans par l'aménageur est prévu afin de s'assurer de l'efficacité et de la durabilité des constructions.
Reste une inconnue : quelle sera la consommation électrique des ménages. « Cela passera par une formation des utilisateurs », estime Loïzos Savva, architecte en chef bien que confiant sur la réduction de la consommation. Mais quelle sera la marge d'erreur entre la part de responsabilité des occupants et de la construction en elle-même. Cela paraît difficile de le savoir avec certitude. 

* La ZAC est inscrite dans le programme européen Concerto visant à réduire la consommation énergétique du secteur du bâtiment. Le programme européen CONCERTO, lancé par la Commission européenne, est un projet dont l’ambition est de répondre aux défis du développement durable en développant des solutions proactives à l’échelle européenne aux questions énergétiques. Aujourd’hui, pas moins de 46 communautés réparties en 18 projets s’investissent pour développer leur autonomie énergétique dans le cadre de ce programme. CONCERTO soutient les communautés locales dans le développement et la mise en oeuvre de stratégies et d’actions concrètes qui sont à la fois durables et très efficaces énergétiquement.

 

3 Commentaires

  • Lien vers le commentaire vendredi 20 mai 2011 Posté par CHON

    moui c'est cool comme truc,vive les ecolo;D;
    C'est une REVOLUTION je trouve;
    l'ecologie est a la fin de nos soucis

  • Lien vers le commentaire vendredi 30 mai 2008 Posté par Patrick NICOLAS

    Cet espace de Bonne, est l'exemple le plus nul que l'on peut observer, en effet, les responsables n'ont pas trouvé mieux que de vouloir conserver les vielles casernes de cette zone qui appartenait à l'armée. Ces casernes ne représentent aucun bon souvenir pour ceux qui étaient contraints d'y séjourner. Elles n'ont pas caractère de bâtiments historiques. Pour 3 étages de pierres qui ne résisteraient pas à un seà¯sme, la surface prise au sol serait mieux utilisée pour des bâtiments plus modernes et mieux isolés.
    Grenoble manque cruellement de logements par manque d'espaces en centre-ville.
    La municipalité préfère les conflts à imposer un stade en plein centre-ville à une optimisation intélligente de l'espace habitable.

    Patrick NICOLAS
    voir http://www.pn38.org ( grenoble) et http://www.umd-france.org ( france )

  • Lien vers le commentaire vendredi 30 mai 2008 Posté par Patrick NICOLAS

    Né à Grenoble je peux vous parler de cette zone et des dégats générés par les urbanistes de cette ville. En effet depuis de nombreuses années, ces gens construisent des bâtiments qui ne correspondent pas au besoin de cette agglomération. Le bassin grenoblois forme un Y entouré de montagnes. Au lieu de construire à la verticale avec le peu de place disponnible, ils ne savent bâtir qu'à l'horizontale avec des surfaces vitrées digne d'une prison. Les conséquences sont dramatiques pour notre envirronement, les gens n'aspirent qu'à une chose, fuir vers la campagne et y faire construire une maison. Les terres agricoles deviennent rares et le mitage crée des problèmes de transport, d'écoles etc.. que les élus locaux (ps) ne savent pas résoudre.
    Patrick NICOLAS
    voir http://www.pn38.org ( grenoble) et http://www.umd-france.org ( france )

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer votre nom.
Le code HTML n'est pas autorisé.