Gratuit : Voltalis analyse votre dépense d'électricité

jeudi 02 octobre 2008 Écrit par  Alexandra Lianes
voltalis-boitier-maitrise-energie.jpgDifférer de quelques minutes sa consommation d’énergie peut conduire à d'importantes économies d'énergies. Tel est le principe du Bluepod, un boitier modulateur de consommation électrique commercialisé par Voltalis. Fixé sur le tableau électrique, il coupe certains appareils afin d’alléger instantanément l’appel de puissance national. Résultat : une meilleure régulation du réseau qui conduit à des économies substantielles pour les fournisseurs d’électricité. En échange l'usager bénéficie gratuitement d'un outil d'audit de sa consommation.

Comment ça marche ?

Un technicien installe sur le tableau électrique un boitier équipé d’un modulateur qui suspend toutes les 4 à 6 heures pendant 30 minutes (au maximum) l’alimentation d’appareils électriques thermiques (radiateurs électriques, chauffe-eau, climatiseur). Le boitier équipé d’une puce GPRS reçoit les ordres de coupures de courant via un serveur. Cette interruption est commandée par Voltalis qui répond aux besoins de modulation sur le réseau électrique afin d'équilibrer la demande énergétique sur le réseau. Lors de l’installation du boitier, le particulier choisit quels appareils pourront faire l'objet de coupures.

Pourquoi réguler la consommation d’énergie ?

L’électricité ne se stocke pas sur le réseau. La production d’électricité doit, à tout moment, être strictement égale à la consommation. Toute modification de la demande (quand vous mettez en route votre machine à café) doit donner lieu instantanément à une production d’électricité correspondante. Différents dispositifs sont mis en œuvre par le biais de sociétés dites " Responsables d’Equilibre " pour compenser ce déséquilibre par le biais de générateurs d’électricité au pétrole, au charbon ou hydraulique. Ce système de régulation est très coûteux, mais obligatoire. Sous dimensionné, il pourrait aboutir à une coupure d’électricité massive (en 2006, 10 millions de consommateurs en Europe on été privés d'électricité suite à un déséquilibre en Allemagne).

Voltalis propose la solution inverse : couper des millions d’équipements électriques dès que la demande est supérieure à l'offre. La société donne ainsi une valeur aux kilowatts non-consommés et la directrice des partenariats Jéromine Albetini de parler de « la construction d’une centrale virtuelle ».

Pour qui ?

Le boitier Bluepod de Voltalis s’adresse aux particuliers, aux entreprises et aux administrations dotés de chauffage électrique. Voltalis travaille aussi à son expansion mondiale pour répondre aux demandes de nombreux pays développés et émergents.

Stocker l'énergie dans des volants d'inertie.

La régulation d'un réseau électrique consiste à ajuster en temps réel la production électrique pour suivre la demande. La solution est de disposer de réserves de production que l'on met en oeuvre dans la seconde. L'arrivée de générateurs solaires et éoliens ne fait qu'accroître la difficulté, car à une demande erratique, s'ajoute une production aléatoire.

Les centrales hydrauliques permettent dans une certaine mesure d'effectuer une régulation et certains barrages comme celui de Grand'maison dans l'Isère sont même capables de repomper l'eau (le fonctionnement des turbines est inversé) du bas de la chute dans le barrage pendant les périodes creuses. Mais les barrages sont rarement a proximité des grandes agglomérations consommatrices, ce qui n'est pas idéal. Une autre solution consiste à stocker l'électricité, très momentanément dans des volants d'inertie (des grosses toupies qui tournent à grande vitesse), pour la restituer quelques secondes ou minutes plus tard, lors d'un pic de demande.

Par exemple la société Beacon Power propose des centrales temporaires de stockage, qui peuvent être situées à proximité des lieux de consommation et qui sont constituées de rotors de 1,2 tonnes en fibre de carbone et tournant à 16 000 tours minute. 200 rotors de ce type peuvent fournir une puissance de régulation de 20 mégawatts pendant quelques minutes. La première usine de ce type est testée à Tyngsboro dans le Massachussetts aux Etats-Unis avec 25 rotors à 200 000 dollars pièce. Ces chiffres donnent une idée de l'opportunité commerciale que représentent les technologies de régulation.

A quoi ça sert ?

Grâce à cette économie d’énergie mutualisée, chacun participe à ajuster en temps réel l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité. Mais cette solution ne génère pas d’émission de gaz à effet de serre et permet au particulier, selon Voltalis, de faire 5% à 10 % d'économies par an. Et ce du fait de l'absence de consommation pendant une demi-heure. Nous doutons de ce résultat : selon nous, si la température baisse (même d'un dizième de degré), quand le courant revient la demande d'énergie est supérieure afin de retrouver la température de commande du thermostat et compenser les calories perdues pendant la coupure. La seule économie d'énergie réalisée, selon nous, vient de la moindre déperdition thermique de la maison du fait de son abaissement de température. Mais elle est infinitésimale sur des durées courtes.  

Combien ça coûte ?

Pour l’instant, les boitiers sont installés et prêtés gratuitement par Voltalis. « La suite sera à construire », selon Jeromine Albertini qui précise que l’accès aux données de consommation devrait rester gratuit. Voltalis pourrait développer d’autres services de maîtrise de l’énergie qui eux seraient facturés au client.

Quel intérêt pour moi ?

Les clients équipés de cet outil disposent d’une information sur leur consommation en temps réel répartie selon les usages. Par le biais d’un accès à Internet sécurisé, chacun peut visualiser sur un graphique les courbes de consommation de tous les appareils modulés, en watt et en euros, ainsi que la courbe des autres appareils électriques (non-modulés : électroménager, éclairage). Un véritable outil de maîtrise de l’énergie mis à jour toutes les dix minutes afin, au pire, de prendre conscience des watts consommés, et au mieux, de modifier ses comportements pour réduire sa consommation d’énergie et sa facture d’électricité. A notre avis ce n'est pas assez incitatif.

Quel intérêt pour Voltalis ?

Voltalis vend ses services de substitution à RTE-France, filiale indépendante d’EDF chargée de développer les infrastructures de transport d’électricité. C’est donc RTE qui rémunère Voltalis, au même titre qu’une centrale d’électricité, pour ses services de modulation du réseau. Mais pour être considéré comme producteur d’électricité, Voltalis doit être en mesure de libérer 10 MW d’électricité (l'équivalent de 7500 chauffe-eau électrique). Un objectif parfaitement réalisable. Mais à notre avis, pour que le système marche il faut que la rémunération du service de modulation de Voltalis soit partagé avec ceux qui en supporte l'effort, c'est à dire les usagers ou qu' au minimum une promesse de partage, soit faite. C'est le principe d'une économie gagnant-gagnant.

Y-a-t-il des contraintes ?

Voltalis s’engage à couper les appareils électriques au maximum 30 minutes toutes les quatre à six heures. D’après l’opérateur électrique, cette coupure « à peine perceptible, n’a pas d’impact sur le confort ». En outre, les boitiers sont équipés d’un bouton si, pour une raison ou pour une autre à un moment donné, le client ne veut pas interrompre le chauffage ou le chauffe eau.

Site de Voltalis  

L’équilibre offre demande sur le site de RTE

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