Minergie, Maison Passive, Effinergie : les garanties

mardi 09 décembre 2008 Écrit par  Alexandra Lianes
labels-construction-passive-garanties.jpgLa réglementation thermique de 2012 fixera les besoins en énergie des maisons neuves à 50 kWh/m²/an avec un facteur de variation selon la zone climatique. Déjà, les labels Maison Passive et Minergie et la certification Effinergie proposent aux acquéreurs de construire des maisons avec de meilleures performances thermiques. Mais dans quelle mesure la labélisation garantit-elle un résultat, et quels sont les recours éventuels ?


Traditionnellement, une labélisation permet d’une part d’avoir un suivi des choix techniques en amont d’un projet de construction. Et dans un deuxième temps, les organismes certificateurs se déplacent aléatoirement sur les chantiers pour vérifier la mise en œuvre effective de ces choix techniques.

Le label suisse Minergie, délivré en France par l’Organisation non gouvernementale Prioriterre propose même, via rémunération, de suivre les consommations et de sensibiliser les utilisateurs pendant les trois années suivant la construction.

 « Minergie garantit que l’on atteindra l’objectif de qualité grâce à un réseau de professionnels formés et à même de donner des solutions pour arriver au résultat », souligne Charles Magnier, directeur de Prioriterre. En 2008, Prioriterre a formé 400 personnes (architectes, bureau d’étude et artisans) aux bonnes pratiques pour atteindre les performances du label. « Pour le maître d’œuvre il y a un engagement de moyens maximums pour atteindre les résultats », poursuit Charles Magnier.

Si la qualité du bâtiment venait à être mise en cause, « une recherche en responsabilité sera engagée ». Il s’agira alors de trouver pourquoi les performances exigées ne sont pas atteintes en procédant à un contrôle des consommations des postes de chauffage et des appareils électriques et électroménagers.

En cas de défaut de conception, « c’est l’assurance du maître d’oeuvre qui devra prendre en charge les frais pour entamer les travaux pour réduire le préjudice »« C’est un contrat de maîtrise d’œuvre dans lequel le constructeur s’engage à ce qu’il n’y ait pas de défaut ».  Et d’ajouter « tant que le problème n’est pas résolu, on agit pour arriver au résultat ».

labels-construction-passive.jpg

Une garantie de moyens aussi pour une construction au label Maison Passive (équivalent français du label allemand Passivhaus). « L’association demande à toutes les parties prenantes de s’engager sur les efforts à fournir pour atteindre les performances du bâtiment passif », explique Etienne Vekemans, directeur de La Maison Passive. Le constructeur s’engage donc sur les moyens à mettre en œuvre pour atteindre les performances du label.

En Allemagne et en Autriche, les bureaux d’études s’engagent sur la conception de bâtiments passifs et sur le remboursement de la conception en cas d’erreur. « Cela semble être une suite logique », explique Etienne Vekemans.  La situation en France n’est cependant pour l'instant pas la même. En effet « actuellement il est difficile de trouver des bureaux d’études qui remboursent les frais si le label n’était pas au rendez-vous », poursuit le responsable. « Le maître d’œuvre à une obligation légale de construire un bâtiment conforme à la réglementation thermique 2005. Au-delà, pour l’instant, cela reste du domaine de la démarche personnelle entre le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage. C’est une question de négociation et de compromis entre l’un et l’autre ». « Des négociations peuvent être engagées en cas de non qualité et traitées de gré à gré en fonction du prix que chacun est capable de payer ».

Aujourd’hui, les constructeurs de maisons au label Maison Passive sont des précurseurs « qui travaillent en bonne intimité avec les maîtres d’œuvre qui ne se posent pas des questions de contrats avec de fortes obligations financières à la clé ». Ainsi, pour limiter les risques l’association accompagne les professionnels (architectes, bureaux d’études, artisans) dans une construction qui demande beaucoup de rigueur. « La conception doit être irréprochable », convient Etienne Vekemans. 

Même discours du côté de la certification BBC Effinergie où Catherine Bonduau, coordinatrice de l’association Effinergie explique : « le constructeur s’engage dans une clause à obtenir les performances du label BBC Effinergie ». Mais l’association conseille de faire appel à un constructeur certifié NF maison individuelle ou reconnu. Pour autant, l’association Effinergie ne veut pas décourager les artisans qui se lanceraient dans une construction basse consommation. « L’obtention du label à un but pédagogique. C’est quelque chose de nouveau pour les artisans », insiste Catherine Bonduau.

Là encore, un accompagnement des constructeurs est nécessaire alors que le bâtiment se tourne petit à petit, à la suite quelques précurseurs, vers ce type de constructions.

Des suggestions pour garantir la qualité de la réalisation

labels-construction-passive-1.jpg

La construction de maisons passives ou basse consommation demandent une rigueur certaine à la conception mais surtout à la mise en œuvre. Faire appel à des artisans formés ou reconnus est un gage de sécurité supplémentaire.

Pour éviter tout mal entendu, le maître d'ouvrage ou l'architecte doit préciser aux artisans les objectifs à atteindre dès les appels d'offres. Et dès le début du chantier ces objectifs doivent être rappelés lors d'une réunion préparatoire avec l'ensemble des corps de métier. Il faut rappeler que quelques coups de perceuses pour passer des câbles peuvent ruiner les efforts d'isolation.

Demander un compte rendu à l’architecte ou au maître d’œuvre à chaque étape de la construction.

Demander la mise en place de deux compteurs d’électricité : l’un pour les consommations de chauffage, d’eau chaude sanitaire, l’autre pour les appareils électriques et électroménagers, et pour l’éclairage.

La thermographie infrarouge une fois la construction terminée – ou tout du moins hors d’eau, hors d’air – permet de mettre en lumière les déperditions thermiques d’une construction. Et donc de démonter des défauts de mise en œuvre de l’isolation ou des ponts thermiques.

Le test d’étanchéité à l’air

Les organismes certificateurs procèdent obligatoirement* à une mise sous pression des constructions afin de s’assurer de la bonne étanchéité à l’air des constructions. Après avoir vérifié la conception de la construction sur logiciel, cette étape permet « de tester la qualité de la réalisation », explique Etienne Vekemans.
es disparités sont toutefois à noter. Alors que Minergie et Maison Passive exigent que le débit de fuite ne dépasse pas 0,6 volume/heure à une pression de 50 pascals, Effinergie dont l’exigence de fuite est identique fait le test sous une dépression de 4 pascals.
* Pour Minergie, le test d'étanchéité à l'air est obligatoire seulement pour le niveau de labelisation le plus exigeant Minergie-P pour Passif.

Voir notre article " Maison pour la planète : test d'étanchéité à l'air "

Effinergie a établi une liste des opérateurs autorisés à procéder au test d’étanchéité à l’air et une liste des sociétés engagées dans le processus d’autorisation.

Rappel des exigences

Minergie-P
Consommation au m²/an : 30 kWh pour les besoins en chauffage, eau chaude, aération et climatisation.
Le triple vitrage et le recours aux énergies renouvelables  sont obligatoires ainsi que l'installation de luminaires et de lampes optimaux et l'utilisation exclusive d'appareils électroménagers de la classe d'efficacité A. Les bâtiments Minergie-P peuvent présenter un surcoût de 15% au maximum par rapport aux matériaux conventionnels comparables.
Test d’étanchéité à l’air : 0,6 volume/heure à 50 pascals.

Maison Passive – Passivhaus
Besoin de chauffage : 15 kWh/m²/an en énergie utile [La consommation totale (chauffage + eau chaude + appareils électriques + électroménager) ne doit pas dépasser 120 kWh en énergie primaire/m²/an ]
Ventilation double-flux avec récupération de chaleur
Bâtiment étanche à l’air, test de la porte. A 50 pascals, la maison ne doit pas perdre plus de 0,6 de son volume en une heure.

BBC Effinergie
Consommation : 50 kWh/m²/an en énergie primaire avec un coefficient de pondération selon la zone climatique (de 0,8 à 1,3) pour les besoins en chauffage, eau chaude sanitaire, auxiliaires de chauffage et de ventilation (pompes), éclairage et climatisation. 

Consulter les projets et réalisations BBC-Effinergie, Rubrique :  Projets et réalisations 

A lire aussi sur DDmagazine : 

Notre guide pratique : " Construction :  de la RT 2005 aux maisons passives "

Tous nos articles Maisons Passives

Démarche HQE : quelles exigences ?

3 Commentaires

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer votre nom.
Le code HTML n'est pas autorisé.